Séquence émotion

Remerciements mutuels!

Kevin Shwantz mon idole de l’époque!

Une fois n’est pas coutume, un petit pincement inattendu au coeur ce week-end.

Pour la 7ème année consécutive, avec d’autres pilotes, nous participons aux 24h de Kart à Saint-Laurent-de-Mure. Même si je ne roulerai pas cette année, le reste du groupe m’ayant spontannément imposé team-manager il y a déjà quelques éditions, je prête la main à l’organisation et justement prête du matériel. Le prêt de matériel comprend justement le prêt de casques… et du coup je me retrouve complètement démuni pour aller au marché.

C’est un peu con de ne pas y avoir pensé avant, mais on ne se refait pas. Et pour vous montrer le niveau de l’équipe, cette année il y en a même un qui pensait que la course n’était que dans 2 semaines…

Mais, mine de rien, nous faisons régulièrement des podiums chez les amateurs dans différentes épreuves pendant l’année et ça nous suffit.

Bref, je vais pas monter sur la moto avec mon bonnet de bain donc je pense à mon vieil ARAÏ endormi dans son carton que je garde précieusement depuis des années et je le remet à la lumière.

Normalement, je ne devrais plus rouler avec mais je le garde en souvenir avec sa petite anecdote.

L’histoire a commencé en 1995, au Havre, j’avais pas une thune mais je ne me déplaçais déjà qu’à moto. Il fallait tout faire durer jusqu’au bout du bout du bout. Mon vieux SHARK sentait mauvais c’était honteux mais pas le choix.

L’occasion se présente d’obtenir un ARAÏ répliqua SCHWANTZ à 50% du neuf parce qu’un type s’était boîté avec un modèle identique et que finalement l’assurance ne voulait plus le prendre en charge à cause du prix et qu’il restait donc sur les bras du magasin. Le patron savait de j’étais fan de ce pilote et m’avait volontairement fait la proposition avant tout le monde. J’étais comme un dingue, j’avais réussi à emprûnter à tous mes amis et collègues: 2500 francs c’était pas rien à l’époque!

J’étais pas peu fier avec ce truc et il en a fait des kilomètres par tous les temps. Pourtant qu’est-ce qu’il n’était pas adapté à un usage quotidien avec ses ouvertures de partout. Mais j’ai eu froid l’hiver, mais des épines glacées qui me transperçaient le front juste au-dessus des yeux derrière les aérations de la visière! Dès les premiers froids, le coton dans les écopes supérieures pour éviter les épées dans le haut du crâne. Le HAVRE – VICHY, c’est long au mois de décembre… Les mêmes écopes qui se transforment en pièges à insectes l’été. Le p’tit bzzzzzzzzzzz qui descend se loger dans l’oreille et qu’il faut s’arrêter pour le virer dès qu’on traverse une forêt… L’eau de pluie qui suivait les mêmes chemins…

Et puis finalement un beau jour du printemps 2000 à LEDENON aux vérifications techniques: « Bon Steph, ta merde sur la tête là, c’est plus possible sur une moto. Tu peux même plus bloquer la sangle correctement. La prochaine fois je t’interdis l’accès à la piste! »

Pourquoi je l’ai conservé dans un carton et trainé partout avec moi pendant des années? Aucune idée.

Finalement, octobre 2016, les 20 ans de la concession SUZUKI, pour fêter ça l’équipe d’endurance est en dédicace au magasin mais aussi un certain Kévin SCHWANTZ!

20 ans MOTO VIRUS
(le passage important est à 1’28″…)

Moi qui n’ai jamais demandé un autographe de ma vie, pas possible, je déroge à la règle. Je ressors le casque, je l’enfile et fonce le faire signer.

Of course, il pleut: « Ne pas se mettre sur le bitume en montant ce serait trop con! ».

A l’arrivée, quelques motos de l’époque en démonstration:

Et je vais poireauter pour avoir mon bout d’écriture. Dans la file, flotte un peu l’atmosphère de l’endurance de la fin 90: chacun a ressorti les fringues et looks de l’époque. Il y avait vraiment du coriace! Des types qui conservent des trucs plus jalousement que les reliques d’un saint! Celui que je garde en mémoire c’est l’autre qui était à la fois fan de RAGNOTTI et de SCHWANTZ et qui s’est pointé avec la moitié de sa calandre avant jaune et blanche pour faire signer Kevin à côté de notre jeannot naitonal! Je me demande encore comment son cuir râpé jusqu’aux fils ne se déchirait pas en l’enfilant.

Enfin c’est à moi, un peu maladroitement je tends mon casque à mon héros et je le remercie pour son « good job »! Il prend mon casque et le regarde en fronçant les sourcils puis il éclate rire: « vous voulez quoi? » « C’est-à-dire?? » « Un desssin, un autographe? » « Ah ben ce que vous voulez ».

Le modèle neuf ci-dessus et, ci-dessous, ce que j’ai « présenté »:

Dans son jus!

La sangle qui justement te cingle bien maintenant avec la vitesse.

Etonnement, même avec les mousses bient tassées il est toujours agréable à porter.

L’ouverture en grand pour une meilleure aération du pilote…

Et j’ai récupéré ça:

Mais, ce qui m’a le plus ému en fait, c’est qu’après l’avoir signé, il l’a gardé et est parti avec derrière le paravent. (qu’est-ce qui se passe??????? Mon caaaaasque????). Pour revenir 3 secondes plus tard avec sa femme lui montrer l’état du truc, les moustiques et autres bien collés et se faire prendre en photo avec avant de me le rendre et de me serrer la main, en me disant à son tour « Good job! » avec un grand sourire!

Je suis rentré à 30 à l’heure plus fier qu’Artaban: « Surtout ne pas se mettre par terre ce serait vraiment trop trop con! Au pire bien garder la tête relevééééééééeeee! »

Pas le peine de préciser que j’ai passé le weekend sur mon nuage car c’est pas tous les jours qu’un Champion du Monde me remercie pour mon boulot!!!!