Rêve et hôpital!

Mai 1998, la saison touristique s’annonce intense avec la coupe du Monde de foot. C’est décidé, je bosse à fond au resto jusqu’en octobre et je pars un mois faire de la moto n’importe où sur la planéte. Je m’autorise juste 2 coupures: les 24h de SPA et le BOL d’OR. Des coupures qui en fait servent à rien car 1 semaine à travailler sur un circuit pour une course d’endurance moto de 24h à dormir (ou pas) dans un camion au milieu des pneus…
Bref, mai se passe, juin se passe, SPA se passe (résultat moyen aux 24H mais c’est la loi du sport), juillet se passe. Août débute, ça commence à sentir la fin de la saison. Le personnel d’une agence de voyage a pris l’habitude de venir déjeuner en terrasse et je leur demande si il est possible de coupler un billet d’avion avec une location de moto sur place. Bon apparemment, j’étais bien le premier à leur faire ce type de demande, mais, soit, comme il y a un peu de temps avent le départ et que les résa du mois d’août sont déjà vendues une des employées veut bien regarder par curiosité ce qu’elle peut trouver. « On sait jamais! »
Début de semaine suivante, contre toute attente:
Salut Stéphane, toujours envie de partir en Octobre?
Bonjour, oui!
Tu as trouvé quelque chose?![]()
Apparement c’est possible en Indonésie.
Excellent!
Combien? Comment? Visa?![]()
Si t’es vraiment intéressé je regarde tout ça.
Oui STP!
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En bref quelques jours plus tard:
Environ 4 semaines sur place, billet d’avion + moto louée 3 semaines il faut prévoir 4000 francs, repas et hébergement non compris.
OK parfait!
Comment on fait?![]()
Passe à l’agence mardi pour régler l’acompte et bloquer la réservation.
Trop cool! Merci!
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J’ai passé le week end sur mon petit nuage à rêver à ça:

Et ça:

Ou encore ça:

Mais en fait, j’ai eu ça:

Explication:
Mardi, je passe à l’agence pendant ma coupure.
Mercredi matin j’ai l’appendicite!
Comme je n’avais pas assez d’argent avec moi pour régler l’acompte, on payait encore beaucoup avec du liquide, j’avais obtenu 48h de plus. A mon retour, 2 semaines plus tard, l’offre n’était plus disponible.
Mais là où j’ai été très fort, je n’ai pas peur de l’écrire, c’est que je me suis autodiagnostiqué l’appendicite. J’ai quitté mon service, rentré ma moto, pris une douche, fait mon sac et me suis rendu à la clinique vers midi en annonçant à l’accueil: « Bonjour, j’ai l’appendicite, il faudrait m’opérer. » Je me souviens encore du regard de la femme derrière son comptoir qui pensait partir déjeuner tranquillement…
Mais j’avais raison: opération en urgence à la limite de la péritonite!
La classe non?

